Comment bien démarrer

dans le modélisme naval ?

Le b.a.-ba.

Avant de se lancer dans la construction d’un modèle, il faut d’abord s’interroger du choix du modèle. Esthétique, historique, sentimental par rapport à sa région ou à sa famille, taille et place disponible pour l’exposer, coût, difficultés de réalisation, savoir-faire ? Vient ensuite le choix des matériaux du modèle : Plastique, bois, métal ? Il va de soi que plus l’on progresse dans son art et plus l’on s’intéresse à la pertinence et aux difficultés de tel ou tel modèle plus convoité. 

Au départ, vous devez déterminer la réalisation que vous souhaitez faire.Il existe de nombreuses possibilités. Voici les principales :

Les bateaux jouets : Ces maquettes succinctes feront le bonheur des enfants qui pourront les voir naviguer.

Les dioramas : Ce sont des reproductions de scènes maritimes en action dans leur environnement avec un décor (quai, bord de côte, …)

Les germaines : Ce sont des portraits de bateaux ou de petites scènes (pêche de la baleine au harpon) présentés dans des coffrets à la manière des tableaux en relief. L’échelle est généralement petite.

Les bateaux en bouteille : Art de mettre en flacon des maquettes où toutes les pièces passent par le goulot du récipient.Cela demande une certaine technique.

Les demi-coques : Assez simple de réalisation, ces modèles ont vocation de mettre en valeur les lignes d’une coque historique, de son propre bateau ou d’un yacht de course. Elles servent aussi de modèle au charpentier de marine pour la réalisation d’une construction réelle.

Les maquettes navigantes : Modèle réduit de bateaux réels ou inventés (goélette Thalassa) où le secret de réalisation est caché dans les entrailles de la coque pour lui donner vie. De plus, la « chasse au poids » est le réel souci du maquettiste qui doit rivaliser d’ingéniosité pour gagner quelques grammes à chaque pièce en évitant trop modifier certaines pièces. Il ne doit jamais perdre du vue que les dimensions du bateau sont en mètre et se divisent par 10, la voilure en mètre carré donc par 100 et les volumes en mètre cube donc par 1000 !

Les maquettes de charpente : Elles représentent avec exactitude et authenticité indiscutables, la charpente d’un bateau. C’est indéniablement le summum de l’art du modélisme. A proscrire pour un débutant !

Les maquettes de vitrines ou d’exposition : C’est ce chapitre que nous allons développer plus en détails.

Quel choix faire ?

La patience est la seule vraie qualité permettant de réaliser de fort belles maquettes.

Partant de là, ne vous sous estimez pas : si vous êtes agile de vos mains, vous pouvez choisir un trois mâts.Si les difficultés vous rebutent un tant soit peu, optez plutôt pour un bateau de pêche. Vous pouvez également commencer par un petit canot, le choix dépendant plus de votre savoir faire que de la difficulté dans la réalisation du modèle. 

Une fois le choix du modèle arrêté, ne courez pas acheter une boîte de construction ! Vous devez avant tout vous assurer que vous êtes capable de réaliser ce modèle.

Renseignez-vous auprès de maquettistes de votre entourage ou de professionnels qui vous indiqueront les difficultés qu’ils ont rencontré. Amassez le maximum de documentation, de photographies, de croquis et plans, auprès des musées, sites internet, revues. Une fois ces recherches terminées, vous allez pouvoir décider si vous réalisez une maquette en plastique ou en bois, avec ou sans boîte de construction. 

Les boîtes de construction en plastique :

Le monde maritime est tellement riche qu’il convient de différencier les voiliers et navires de pêche ou de commerce des navires de guerre du XXe siècle. Pour ces derniers, les kits de construction en plastique sont plus abordables et plus simples à réaliser. La difficulté se situera alors dans le choix de l’échelle et la minutie afférente. Pour un débutant, il est sage de se contenter d’un modèle au 1/700, qui offre un rapport qualité/prix tout à fait acceptable. Par la suite, en fonction de l’envie et du budget, on pourra s’orienter sur du 1/350 pour lequel on troul est également important de noter que les kits nous rendent tributaires des erreurs (bavures, inexactitudes historiques) que seul un utilisateur à la fois averti et confirmé saura déceler et corriger.

Enfin, l’échelle d’un navire de guerre ne peut être comparée à celle d’un vieux gréement.  L’échelle « de référence » est le 1/48 pour les modèles « anciens » contre le 1/350 pour les navires de guerre modernes. Les prix varient selon le modèle et le fabricant, les plus réputés étant Tamiya et Trumpeter. Les meilleurs kits de complément étant chez Eduard.

Les constructions en bois…

Pour ceux qui manient aisément la gouge, le ciseau à bois et le rabot une coque peut se tailler dans la masse, au moins jusqu’aux œuvres vives. Une autre technique consiste à réaliser la coque par la construction de planches superposées selon le tracé au préable fourni par les plans. Excellente technique pour les demi-coques mais aussi pour tous les bateaux à coque peinte. De plus, cette solution évite, lorsque le modèle est grand, que la coque vrille. La construction sur charpente est la troisième façon de réaliser un modèle. C’est aussi la méthode proposée dans la plupart des kits de construction du commerce. Il faut proscrire les méthodes « hybrides » qui consistent en un bloc taillé dans la masse pour la proue et la poupe et le centre en construction sur membrures.Elles permettent certes d’obtenir le résultat souhaité mais, du point de vue de la conception, elles tiennent du manque d’honnêteté. 

Les kits de construction en bois comprennent les pièces de charpente en contre-plaqué, les bordés et pièces apparentes en bois de différentes essences, les drisses et les voiles en textile, des pièces d’accastillage prédécoupées ou déjà réalisées en bois ou en plastique, des plans et une notice de montage, parfois accompagnée de photos. 

A titre indicatif, on citera quelques prix : Pour un canot breton d’une longueur de 40 cm (1/30ème) : 60€

Pour un bateau de pêche de 60 cm (environ 1/50ème) :100 à 120€

Pour un trois-mâts, genre Hermione, de 75cm ( 1/60ème) :190€

Les avantages

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Les inconvénients

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Les réalisations à partir de plans

Une fois le choix du navire fait, il se faut se procurer les plans. Pour un modèle histoire, le musée de la Marine de Paris vend la plupart des plans à un tarif parfois peu engageant. Des revues ou livres fournissent aussi des plans de modélismes (ex. : MRB Bateau, Chasse-Marée). Internet peut être une source d’approvisionnement, ou auprès d’autres maquettistes. Pour des navires modernes, vous pouvez acheter les plans à Châtellerault. Les plans sont toujours utiles même avec une boîte de construction. On peut alors corriger les erreurs.

Lire les plans

Avec un rudiment de notion de dessins techniques, il est assez facile de comprendre les plans. Des petits guides pour modélistes existent dans le commerce et expliquent comment lire un plan et donnent quelques notions de réalisation.

Pour les vieux gréements, les mesures de l’époque étaient en pouces et les échelles des plans sont 1/24, 1/48, 1/72 et 1/96 et dans ce cas aucun souci. Par contre, beaucoup de revues fournissent des plans dits « aux échelles » 1/30, 1/50, 1/60 et 1/100 imposant de recalculer l’échelle désirée. Certes la différence entre 1/50 et 1/48 est « négligeable », mais elle est conséquente entre le 1/60 et le 1/72. A vos calculettes !!!

Où se procurer le bois et l’accastillage ?

Les magasins spécialisés proposent différentes essences de bois ainsi que l’accastillage des navires en bois mais on ne trouve pas toujours la bonne échelle ou le matériau désiré pour l’accastillage qui, quelques fois, est proposé en plastique ou en métal. On peut également trouver le bois nécessaire chez les menuisiers. On préfèrera les bois à fine veinure (poirier, buis) au chêne. Quant au pièces d’accastillage, avec un peu de pratique, le modéliste peut les réaliser.

Où et comment réaliser le modèle ?

Une petite table ou un établi suffisent à la condition que personne ne vienne toucher le plan de travail… Lorsque vous prenez place à votre plan de travail, il faut que vous soyez détendu (stress = casse) et sans contrainte de temps.

N’hésitez jamais à lire la littérature de la pièce que vous devez réaliser et de bien lire les plans…

Lorsque la maquette est terminée, pour éviter les poussières, araignées et casses futures de vos admirateurs, placez-la dans une vitrine. Evitez également le soleil direct qui fait passer les couleurs et fait travailler aussi bien le bois que le plastique.

Pièges et erreurs à éviter

Ils sont nombreux ! Par exemple, réaliser un marche pied sur les vergues d’un voilier du XIV ou XVe alors qu’il n’existe pas à l’époque, mettre un drapeau tricolore sur un vaisseau de Louis XIV, ou encore installer un fanion de vaisseau amiral sur un vaisseau qui ne fut jamais vaisseau amiral. Outre les erreurs historiques, il y a les erreurs et fautes de goûts:

mettre des décorations dorées à la poupe d’un vaisseau. Esthétique sans doute mais pas réaliste. Réaliser un gréement anglais à la manière d’un gréement français. Il y a aussi les erreurs discutables comme réaliser des détails à une échelle plus grande qu’en réalité. Il faut aussi suivre l’évolution du navire. Il peut évoluer durant sa vie. Vous devez donc déterminer la « version » que vous souhaitez réaliser du navire choisi. Le Pourquoi pas de Charcot lors de son lancement avait une coque blanche et la timonerie était entourée d’une rambarde. Pour la campagne de l’antarctique, une passerelle fut construite allant de bâbord à tribord en passant par le toit de la timonerie. Pendant la première guerre mondiale, la coque fut peinte en noire. De la même façon, le Yamato de 1941 se différencie du Yamato 1945 par l’absence de batteries anti aériennes.

N’hésitez pas à rechercher un maximum d’informations sur le modèle dans la mesure où vous voulez être aussi proche que possible de la réalité. N’oubliez pas non plus qu’un même navire a pu porter plusieurs noms (France - Norway par exemple)et qu’un même nom a pu être attribué à différents bateaux (France paquebot et voilier quatre mâts). Un des pièges classiques des maquettes en bois quand on entre dans la précision : ne pas faire un pont dont les lattes couvrent la longueur du pont. De même, si on réalise les chevilles des lattes, il faut aussi réaliser les bordées en raccord de charpentier de marine, les poignées de portes etc… Ainsi trop de détail tend à être source d’erreur. Faites-vous plaisir, car une belle maquette, même sans trop de détail, peut avoir un bel effet ! Au niveau des voiles, les vieux gréements ne possédaient pas de voiles blanches. Elles étaient écrues pour les navires de combat ou les clippers, voire tannées pour les bateaux de pêche.

Les outils

Pour une réalisation issue d’un kit, l’outillage est restreint : cutter, limes, petit marteau, pinces fines, colle, pinceaux, peinture, vernis… En revanche dès que l’on s’attaque à une création depuis des plans, l’outillage augmente sérieusement, le modéliste devenant alors menuisier, voire ébéniste. Même si certains outils peuvent être confectionnés avec un peu d’astuce ou détournés de leur usage premier, il n’en demeure pas moins que le coût de l’outillage est conséquent.

Conclusion

Pour une première réalisation, ne cherchez pas à être trop perfectionniste, le choix d’une boîte de construction est tout à fait acceptable. Vous aurez toujours le temps, une fois passée cette première étape, de vous orienter vers un modèle plus élaboré. Pour le reste, prix, choix du modèle et échelle demeurent des critères personnels. 

Bonne maquette !