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Il est difficile d'imaginer qu'en ce premier millénaire, des hommes, en l'occurrence les Vikings, naviguaient sur des vaisseaux, sombres et plats, la proue dressée. Ils ont bravé les éléments d'un Nord hostile et froid, ballottés par les vagues, chahutés par les tempêtes. Je ne vais pas faire l'apologie des Vikings mais celles de leurs embarcations : les Drakkars.

Ces bateaux sont le témoignage du génie naval. Ils sont longs, élancés, merveilleusement conçus et tiennent bien la mer. De conception inédite, ils ont une poupe et une proue très relevées (souvent sculptées), des couples et une douzaine de planches de chaque coté. Sous l'appellation Drakkar, des vaisseaux aux multiples usages. Si tous ont un " air de famille " (double étrave arrondie, bordage à clins en chêne, voile carrée et avirons), les détails qui les différencient proviennent de l'usage auquel ils sont destinés ou bien des conditions maritimes auxquelles ils devront faire face.

Quatre catégories ont fait leur apparition vers l'an 1000 :

Le grand drakkar, fierté des rois et fleuron de la flotte viking, atteint 49 mètres de long et 7.60 mètres au maître bau, arme 72 avirons et embarque un équipage de 300 hommes, avantage considérable au cours des batailles navales entre vikings.

Le drakkar ou plus précisément le langskip, de construction basse, long de 31 mètres, 6 mètres au maître bau, 50 sabords de nage, 20 tonnes de cargaison, rapide et très maniable, le plus adapté aux eaux profondes, sert essentiellement pour les raids et les expéditions guerrières.

Le karve, plus petit que les bâtiments de guerre, est une embarcation d'appoint ou de parade pour les chefs en temps de paix.
Long de 21 mètres, 6,50 mètres au maître bau, armant 16 avirons et un tirant d'eau inférieur à un mètre, il permet de naviguer n'importe où !

Le knorr, seul navire utilisant plus la voile que les rames, est conçu pour le commerce et l'exploration du monde.
Long de 16,50 mètres et large de 5,50, il peut porter 15 tonnes et sa quille profonde tient plus aisément la haute mer.

Nous avons tous entendus parler des vikings pour leurs exploits maritimes et leurs pillages sanguinaires. Il faut néanmoins comprendre que, si ce peuple scandinave a pris la mer, c'est surtout par besoin de s'étendre sur de nouvelles terres, de fonder des colonies. La majorité d'entre eux sont des agriculteurs ou des artisans. Ils ne prennent la mer que pour endosser un laps de temps dans l'année, le rôle de commerçant, d'explorateur ou de pillard. Profitant de la maniabilité de leurs bateaux, les Vikings naviguent sur les fleuves et longent les côtes. L'Europe, le bassin méditérannéen subissent les pillages. La rencontre de ces navigateurs du Nord et de l'Orient voit la naissance d'un commerce avec les arabes. Au fil des ans, l'ère Viking fond une nouvelle société avec un parlement, des lois et une organisation.

Aventuriers, les vikings découvrent un peu par hasard, l'Islande, le Groenland, l'Helluland, le Markland, et le Vinland. Ils fondent des colonies - à l'exemple d'Eric le Rouge avec sa ferme et sa colonies de l'ouest au Groenland - ou s'installent dans de nouvelles régions et cultivent les terres, font de l'élevage ou pêchent.

Que ceux qui ne voient dans les vikings que des barbares ou des païens n'oublient pas que le drakkar servait aussi de tombeau au chef de tribu, lui assurant ainsi le voyage dans l'au-delà. La proue dressée vers la mer, l'ancre jetée à la poupe, une chambre mortuaire était construite sur le navire pour y recevoir la dépouille du défunt. Une multitude de vivres, des seaux en bois, des chaudrons en fer, une charrette et des tonneaux étaient chargés sur le drakkar. Après tous ces préparatifs, on procédait aux sacrifices des animaux. Ultime soin apporté, un cheval, pour permettre évidemment au défunt de se déplacer dans l'autre monde. Puis on commençait à enterrer la sépulture sous une couche de sable et d'argile bleue. Les charpentiers avaient coupé le mât pour qu'il n'émerge plus du talus et l'on répandait y de la mousse et des brindilles. Pour assurer l'étanchéité, on ajoutait une épaisse couche de tourbe formant un dôme de 45 mètres sur 55. Des poteaux de commémoration en bois sculpté délimiteront le tombeau. Gloire au héros et bon voyage vers le Valhalla !

 

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Vue générale

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Vue tribord Poupe Proue Bouclier
Vue de dessus Pont arrière Pont avant Barre
Voile carrée Vue de trois quart Gréement Détail arrière

 

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C'est un knorr aux environs de l'an 985.

Échelle : 1/48ème. Longueur : 280 mm Largeur : 60 mm Hauteur : 295 mm

Période de construction : 2003.

Principaux bois utilisés : noyer africain, sapelly, buis, bois de "corail", tilleul et ramin.

Métaux utilisés : laiton et pièces de fonderie.

La documentation provient de la société « Artisania Latina », de l'épopée viking (édition Time Life) et différents sites sur internet.

Cette maquette m'a demandé 250 heures de travail pour la coque et le pont et 20 heures de travail pour le mât et la voile.

C'est ma onzième maquette. C'est la navire préféré de ma femme et depuis longtemps, je lui promettais de construire une maquette de drakkar. C'est chose faite.

Pour les férus de modélisme, voici quelques détails supplémentaires pour la réalisation d'un knorr.

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