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C'est un Chebec français du bassin méditerranéen. Il fut construit en 1750.

Longueur hors tout: 36 mètres. Largeur: 8,80 mètres. Hauteur: 29 mètres. Déplacement: 260 tonneaux.

Les Chebecs sont des bâtiments méditerranéens à voiles et à rames. Souvent mal connus, survivants de navires latins et arabes beaucoup plus anciens, ce sont des navires élégants dont les formes rappellent volontiers celles d'un yacht de plaisance. Selon les époques, les auteurs et les pays, leur dénomination change : Chebek, Chabec, Chabek, (de l'arabe populaire chabbâk par l'intermédiaire du catalan xabec), Xazbeque, Xebeck, Pinque, Brigantin ou comme les français, mystique ou mistic, en référence à son utilisation comme bateau d'expédition, l'équivalent grec s'est appelé le mystiko ou Mistico. Habituellement, ils sont désignés sous l'appellation générale et vague de " Barbaresque ".

Le Chebec est un des voiliers les plus typiques depuis le XVIIème siècle. Souvent utilisé pour la guerre de Course, il a la réputation d'être un remarquable et redoutable marcheur. Sous sa forme initiale, il porte trois mâts avec voiles latines enverguées sur des antennes et un foc. Armé à la guerre, il comporte de 10 à 29 canons. De petits sabords situés entre les sabords à canons laissent passer des avirons de 8 mètres, permettant ainsi de naviguer par tous les temps. C'est un navire haut en couleurs. L'île de Malte avait la réputation d'être le grand fournisseur en voiles de coton utilisées sur les Chebecs. On a dit que le Chebec était le plus élégant et le plus rapide navire de Méditerranée mais il perdit sa rapidité lors de la substitution des voiles latines par des voiles carrées . Le dernier chebec français fut pris devant Alger en 1830.

Nous sommes sous le règne de Louis XV . Aux victoires de la guerre de la Succession d'Autriche succèdent les désastres de la guerre de Sept Ans et la perte de la plus grande partie de l'empire colonial français au profit de l'Angleterre (traité de Paris, en 1763, la France perd le Canada, l'Inde et la Louisiane).

En 1750, le comte de Jouy, Antoine-Louis de Rouillé, décide en sa qualité de ministre de la Marine et des colonies (1748 -1754), la mise en chantier à Toulon , de quatre navires, des Chebecs prototypes, car personne auparavant ne s‘est lancé dans une telle aventure de construction. Deux de ces Chebecs, le Requin et l'Indiscret sont lancés les 14 et 24 mars 1751 et jaugent 260 tonneaux pour un armement de 24 canons de 6 pouces, tandis que les deux autres, le Rusé et le Serpent sont lancés en juin 1751 et déplacent seulement 150 tonneaux et un armement de 18 pièces de 6 pouces. En 1762, l'escadre de Chebecs français est sous le commandement de Monsieur de Bompard. Elle quitte la rade de Toulon et réalise les campagnes de Courses pendant la guerre de Sept Ans. Le Requin termine sa carrière en 1770 et l'Indiscret est vendu à la marine espagnole le 24 août 1791. Quant aux Rusé et Serpent, ils sont rayés des listes de la marine en 1775. En 1764, vu les bons résultats de ces Chebecs, la construction de quatre autres bâtiments est décidée. Le Renard, le Singe, le Caméléon et le Séduisant rejoignent la Marine Royale. Ils sont utilisés par de nombreux corsaires français pour servir de navire d'abordage . Ils achèveront tous leur carrière en 1779.

Le Chebec est aussi le bateau favori des pirates et des flibustiers qui sévissent dans toute la "grande bleue" . Dès le XVIIème siècle, les pirates barbaresques lancent leurs navires, ramènent des prisonniers chrétiens qu'ils vendent comme esclaves, rançonnent les puissances chrétiennes. De manœuvre simple et ne nécessitant pas beaucoup d'hommes d'équipage, d'un tirant d'eau faible et d'une bonne marche même par vent debout, le Chebec est un navire de combat dangereux pour ses adversaires et très difficile à poursuivre. Alger est l'un des ports corsaires barbaresques pratiquant la Course. La ville et le territoire de l'Algérie actuelle sont alors sous la suzeraineté théorique du sultan turc d'Istambul depuis trois siècles sous le nom de «Régence d'Alger» et la France entretient de bonnes relations avec le dey d'Alger. A partir de 1737, le Consul de France tient les registres de tous les navires corsaires car ils doivent présenter un sauf-conduit en cas de rencontre avec des navires français. La France répertorie, entre autres, les Chebecs basés à Alger. En 1752, selon le consul Lemaire, ils sont au nombre de 19. En 1800, selon Dubois Thainville, la flotte n'en comporte plus que 6. Elle passera, selon le capitaine Boutin, à 7 Chebecs en 1808 puis à 8 en 1830, selon l'amiral Duperré. En 1827, suite à la victoire anglo-franco-russe contre la flotte turco-égyptienne (lors de la bataille de Navarin dans la presqu'île de Mora en Grèce), la France obtient le gain de l'occupation de l'Algérie. Un conflit éclate entre le consul de France Deval et le dey d'Alger Hussein. Suite à l'offense faite à son consul, la flotte française sous le commandement de Martignac tente un blocus du port d'Alger mais il se révèle inefficace. Le 3 août 1829, le vaisseau parlementaire français, la Provence , essuie des coups de canon en quittant le port d'Alger. C'en est trop! Le roi Charles X remplace le président du ministère par le prince Jules de Polignac et ordonne une expédition punitive pour anéantir le repaire des corsaires installés dans la Régence d'Alger! Le comte Louis de Bourmont, ministre de la Guerre dans le gouvernement Polignac, est nommé «Commandant en chef de l'expédition en Afrique» par ordonnance du 11 avril (l'expédition d'Alger lui vaudra le bâton de maréchal). Le corps expéditionnaire est placé sous les ordres de l'amiral Duperré et du général Berthézène. La flotte appareille de Toulon le 25 mai 1830 avec 453 navires, 83 pièces de siège, 27.000 marins et 37.000 soldats. Le 14 juin, elle entre dans la baie de Siddi Ferruch et les troupes françaises mettent pied à terre le soir même. Le 18, cette armée prend d'assaut le camp de Staoueli. Le 19, elle se dirige vers Alger. Le 24, elle arrive à Siddi Khalef qui est prise dans la journée. Du 26 au 28, c'est au tour du plateau de La Chapelle. Le 29, le plateau d'El Biar, dernier obstacle sur les hauteurs d'Alger, et la prise de fort l'Empereur. Le 5 juillet, le dey Hussein capitule et le 7 juillet 1830, il livre Alger aux français après avoir évacué la casbah.

Les Chebecs font également parler d'eux, sous le premier Empire avec Napoléon Bonaparte. L'Intrépide, un nom qui évoque les attaques et les exploits, commandé par le Capitaine Bavastro de Nice (il fait partie de ces navigateurs d'exception dont l'histoire a conservé une légende, les hauts faits d'armes et les anecdotes truculentes) livre un magnifique combat contre deux navires anglais qu'il capture. Le 10 février 1804, les marchandises de la prise des bricks anglais (l'Astrea - capitaine Guillaume Stevens et le Mary Stevens - capitaine Jean Beard), sont vendues dans la chancellerie du commissariat français à Cadix . Le corsaire Bavastro meurt à Alger le 10 mars 1833 sur cette terre devenue française en même temps que lui.

Les Chebecs ont aujourd'hui disparu, ils ont survécu près d'un demi-siècle comme navires de pêche ou de bateaux marchands et concurrencèrent même les clippers dans certains voyages. Ils ont essayé de faire oublier leurs exploits du passé ! 

Sources : Encyclopédie "Tout l'univers", Histoire de France par le Duc de Castille et le site : www.netmarine.net.

 

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Vue générale

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Bout-dehors Proue Trinquet Pied de Trinquet
Ancre Pont principal Pont arrière Dunette
Décoration Sabords Batterie Gros plan des canons
Chaloupe Cloche Gros plan des décorations Four
Pied de Mitjana Moufle de haubanage Pied du Mestre Rangement des rames
Mestre Calcet d'arbre Racage Mitjana
Safran Poupe Sabords arrières Tableau arrière

 

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C'est un Chebec français de 1750.

Échelle : 1/48ème. Longueur : 1020 mm Largeur : 185 mm Hauteur : 760 mm

Période de construction : 1999.

Principaux bois utilisés : pin, sapelly, hêtre, peuplier, buis, tilleul et l'acacia.

Métaux utilisés : laiton et pièces de fonderie.

La documentation provient de la revue "MRB bateau", la société "Aéropiccolla" et de livres maritimes ainsi que des sites Internet et les conseils d’un maquettiste chevronné.

Cette maquette m'a demandé 360 heures de travail pour la coque et les ponts et 300 heures de travail pour les mâts, voiles et cordages.

C'est ma neuvième maquette. Je renoue avec les bateaux corsaires et c'est, pour l'instant, la plus grande maquette que j'ai construite. Je désirais construire ce bateau car je suis tombé en admiration devant l'élancement de sa coque, et la beauté de son gréement mais aussi devant sa rareté en modélisme naval.

C'est aussi une maquette navigante non radio-commandée, expérience que je réussis par bien maîtriser.

 

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