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Ce cotre est un navire d'origine anglaise, pays où il est appelé "Cutter". Il est armé dans les deux derniers mois de 1812.

Longueur hors tout: 30 mètres. Largeur: 6 mètres. Hauteur: 30 mètres. Déplacement: 70 tonnes.

Les cotres sont employés au cabotage et au pilotage. Mais ils sont très prisés par les corsaires ... et surtout par les contrebandiers : les fameux "smuglers" du XIXème siècle.

Malgré tout, apprécié par les marins français, principalement en Manche, ce "petit" bâtiment demande nettement moins d'équipage qu'un lougre. Ces petits navires à un seul mât, pouvant porter hunier et perroquet, gréant grand-voile aurique, focs et trinquette, peuvent sembler patauds mais, en fait, ils sont très manoeuvrants et rapides. Mais impossible de parler du Renard sans parler de Surcouf.

Robert Surcouf (1773 - 1827) est le dernier corsaire français et il est Malouin. Enfant turbulent, son père est désespéré de ce garnement. Il l'embarque sur le Héron, un caboteur en partance pour Cadix. Surcouf n'a que 14 ans. D'un caractère ferme et résolu, il s'engage volontaire à 15 ans et demi sur L'Aurore pour les Indes. Ce premier embarquement lui fait découvrir l'océan Indien. Pondichéry et l'île de France (actuellement île Maurice) sont le principal théâtre de ses exploits. En 1790, il est officier sur le Courrier d'Afrique, l'année suivante lieutenant sur la Revanche. En 1794, la marine lui confie le commandement d'un brick négrier, la Créole. Mais le trafic des noirs ne l'intéresse pas, il a soif de combat. Il sollicite des lettres de marque pour faire la "course". A 22 ans, il est capitaine du Cartier. Avec 18 compagnons, il capture le Triton navire de commerce armé de 26 canons (Surcouf n'en possède que 19), monté par 150 hommes d'équipage et déplaçant 1000 tonneaux. Le corsaire ne recule pas, pas plus que ses matelots qui l'admirent et lui sont dévoués. Il marche sur l'Anglais en arborant le pavillon britannique. Sa légende est née et sera amplifiée 5 ans plus tard (fin avril 1800), lorsque son navire, la Confiance, une petite merveille de 264 tonneaux, armé de 18 canons et de 185 hommes d'équipage capture le Kent, vaisseau britannique fort de 26 canons, 12 caronades, 437 hommes et faisant 1200 tonneaux. Le capitaine anglais, arraisonné de nuit, toise dédaigneusement, le jour venu, ce petit navire qui ne lui paraît qu'un misérable rafiot. "- Si j'avais su, je me serai défendu, soupire-t-il." "- Hé bien! riposte Surcouf , il n'y a rien de fait! Retournez à votre bord. J'attendrai votre feu pour commencer le mien." Le capitaine anglais n'insista pas.

En 1801, la paix oblige Surcouf à l'inactivité. Riche, il rentre à Saint Malo le 29 janvier. Il s'occupe de gérer sa fortune et se marie le 28 mai de la même année. En 1803, la guerre reprend. Napoléon 1er offre au grand corsaire un poste de capitaine de vaisseau et le commandement d'une escadrille dans le golfe de Bengale. Surcouf veut une indépendance totale et il refuse la proposition de l'empereur. Six mois plus tard, il fait construire sur ses propres plans un trois-mâts qu'il baptise le Revenant. Il appareille pour l'île de France et, bien qu'ayant arraisonné quelques navires, ce n'est plus le marin téméraire de sa jeunesse. L'expérience a accru la sûreté de son jugement, sans pour cela l'assagir!

Fin 1812, devenu un grand armateur Malouin, il arme Le Renard, cotre de 70 tonneaux, possédant 10 caronades, 4 canons et embarquant 45 hommes d'équipage. Comme à son habitude, il met en application les derniers perfectionnements maritimes pour faire de son nouveau bateau un navire rapide et puissant.

Un passionné de Surcouf et du Renard m'a informé d'une confusion dans mon texte. En effet, je fais allusion au Renard en 1812 escortant un convoi en mer Méditerranée, or le cotre malouin n'a jamais été dans ces parages. Il s'agit en fait, dans ce cas d'un brick de la marine de l'Empire. Ce Renard là n'était absolument pas un corsaire, contrairement au cotre de Surcouf mais je vous livre ici cette bataille pour éviter à d'autres de faire cette confusion.

" Le 11 juin 1812, le Renard, commandé par le lieutenant de vaisseau Charles Baudin, accompagné par le Goéland, commandé par l'enseigne de vaisseau Belin, escortent un convoi de 14 navires, chargés de matériel pour les magasins de Toulon, depuis le port de Gênes. Le 15 juin, le convoi se met à l'abri de l'île Sainte Marguerite dans la baie de Cannes car un escadron britannique est en vue. Il s'agit de la frégate América de 74 canons, du Curaçoa et du sloop Swallow portant 16 caronades, commandé par le capitaine Sibly. Tandis que les frégates se maintiennent au loin à cause des bancs de sable, le Swallow avance pour reconnaître le convoi. Le 16 à l'aube, alors que le dernier navire français a rejoint le convoi, le Renard et le Goéland, ayant une brise légère côtière, font voile dans la chasse au Swallow qui est presque encalminé. Bénéficiant d'une brise légère de Sud-ouest, le convoi fait route vers Fréjus, aidé par le Renard et le Goéland pour protéger leur fuite. Le convoi est maintenant en sécurité dans le port de Fréjus. Le Renard et le Goéland ont reçu à bord des volontaires et un détachement de soldats et appareillent par petite brise sur la pointe droite. Le Swallow coté au vent, venant de la pointe opposée, se rapproche rapidement des navires français pensant qu'il pourrait survivre. Les navires, se croisant à moins de 27 mètres, s'échangent une bordée. Le Renard a contourné la pointe de bâbord et, dans cette position, cannone furieusement le Swallow alors que le Goéland, hors de portée, essuyait quelques tirs de pistolets. Après 40 minutes de combat soutenu de ces deux adversaires, la proximité du rivage et la force des batteries, le capitaine Sibly décide de rejoindre son commodore. Le Goéland n'a été exposé qu'à la fin du combat et a dirigé le feu de ses caronades sur le Swallow provoquant un abattage considérable dans la mâture. Le Swallow a beaucoup souffert et est coupé vers le haut dans les voiles, le calage, les mâts et la coque. 6 marins tués et 17 blessés sur les 120 hommes d'équipage. Il n'évite la capture inévitable qu'en volant sous la protection des deux frégates venues en renfort pour le sauver. Le Renard est blessé dans la mâture et sur la coque tribord. 14 soldats tués et 28 blessés sur les 94 hommes à bord. Il retourne à l'ancre avec le convoi dans la rade de Grimaud."

Revenons au cotre corsaire car c'est avec Le Renard que lui reviendra le triste et glorieux privilège de remporter le dernier combat corsaire. Le Renard, commandé par le capitaine Leroux-Desrochettes, quitte Saint Malo le 23 août 1813 pour l'île de Batz, puis gagne sa station aux points arrêtés par Surcouf sous les côtes britanniques.

Le 9 septembre 1813, vers 17 heures, Le Renard, est pris en chasse par la goélette anglaise L' Alphéa , armée de 16 canons, 16 pierrières et montée par un équipage de 80 hommes d'élite. Le combat se déroule en partie de nuit. Les adversaires font preuve d'un grand courage et d'une ténacité sans faille. Les pertes sont lourdes : morts, blessés et estropiés s'accumulent de part et d'autre. Finalement, vers 3 heures et demie du matin, alors que les deux bâtiments ne sont écartés que d'une portée de pistolet, deux coups de canons partent du Renard. Ils font exploser L'Alphéa. Bilan côté anglais 80 morts, côté français, seuls 13 marins aptes à la manoeuvre. Le navire revient en France pour panser ses plaies et enterrer ses morts, dont le capitaine Le Roux-Desrochettes.

Entouré du respect et de l'affection de tous, Surcouf trépasse, après une longue maladie, le 8 juillet 1827. Il a 57 ans. Avec lui mourait la guerre de "course" et aussi le dernier corsaire.

Sources : Notice de la maquette "Le Renard " de Soclaine, Encyclopédie "Tout l'univers", Histoire navale de la Grande-Bretagne par William James et le site : www.cotre-corsaire-renard.com.

 

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Vue générale

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Le gouvernail Pont avant Vue arrière Canon et caronades
Vue du tableau Pied du mât Hune Le mât de beaupré
Pont L'échelle de coupée Proue ça flotte!

 

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C'est un cotre corsaire.

Échelle : 1/50ème. Longueur : 620 mm Largeur : 140 mm Hauteur : 550 mm

Période de construction : 1996. Principaux bois utilisés : manzonia, sapelly, buis et ébène.

Métaux utilisés : laiton et pièces de fonderie.

La documentation provient de la société "Soclaine", de livres de corsaires et de pirates, et de la réplique en vrai du "Renard".

Cette maquette m'a demandé 210 heures de travail pour la coque et le pont et 200 heures de travail pour les mâts, voiles et cordages.

C'est ma sixième maquette et je l'ai choisie pour son style ainsi que pour son histoire qui fait penser à toutes les aventures de pirates, de combats en mer et de gloire.

C'est aussi ma première maquette de vitrine que j'ai conçue pour flotter sur l'eau mais non radio-commandée

 

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